Ce qu’est le Peuple Elu

In News by Chmouel

« La Torah aurait dû commencer par le verset : Ce mois-ci sera pour vous etc. Pourquoi a t-elle débuté par la Genèse, pour montrer la puissance de Son acte à Son peuple afin de leur faire hériter la terre des nations. Car si les peuples du monde accusent Israël en disant : « vous êtes des voleurs car vous avez conquis la terre des sept nations », ils pourront leur répondre : « Toute la terre appartient au Saint béni soit-Il, Il l’a créée et l’a donné à ceux qui sont droits à Ses yeux, par Sa volonté Il l’a donnée et par Sa volonté Il l’a reprise et nous l’a donnée (Rachi) ».
La nouveauté que l’on peut trouver dans ces termes n’est pas que la Torah et Israël sont au-dessus du monde, mais bien lorsqu’Israël se trouve intégré dans ce monde-ci, monde matériel avec les peuples du monde c’est ici qu’il peut y avoir place à cette accusation, « Vous êtes des voleurs car vous avez conquis la terre des sept nations » alors que cette terre est l’héritage des nations que le Saint béni soit-Il « par Sa volonté leur a donné », vient alors se révéler que « Tu nous a choisis parmi tous les peuples » et « pour montrer la puissance de Son acte à Son peuple afin de leur faire hériter des nations », car de la même façon que le Saint béni soit-Il a choisi le peuple Juif, ainsi, Il a choisi par Sa volonté de reprendre cette terre aux nations et de nous la donner, de donner la terre d’Israël, la terre élue (d’entre toutes les terres) à Son peuple élu.
Alors que le monde entier n’a été créé que pour Israël et cela s’exprime dans ce monde-ci, ce monde matériel et grossier, que « Tu nous a choisi », dans un corps humain Juif qui ressemble dans sa composition au corps des non-Juifs, il est alors compréhensible que dans toutes les situations, en tout temps et à tout endroit, même dans une situation totalement matérielle, même en temps d’exil, les enfants d’Israël se trouvent au niveau de « Réchit, commencement », c’est-à-dire au-dessus de toute réalité et à plus forte raison, lorsque l’on sait que tout a été créé pour eux, en tant que peuple élu, qui a été choisi par le Saint béni soit-Il (et il n’y a aucun changement possible dans ce choix).

Aucune concession
Et au regard de tout ce qui vient d’être dit, il est clair que ce qui a été déclaré dernièrement, que les Juifs se trouvant en terre d’Israël doivent céder sous la pression des nations du monde en ce qui concerne l’intégrité du pays à cause de la notion de « Ne pas provoquer les nations » est absolument inconcevable. De plus, en considérant que les Juifs se trouvent sous leur emprise et dépendent de leurs générosité et pire encore, que la survie et l’existence des Juifs en terre d’Israël ne dépend que des nations du monde, que D.ieu nous préserve d’une telle pensée.
Tout d’abord, D.ieu nous préserve de dire que l’existence des Juifs est soumise à caution, D.ieu nous en préserve et que D.ieu nous garde d’une telle chose qui n’arrivera jamais. Le peuple d’Israël est éternel car c’est le peuple de D.ieu et le Saint béni soit-Il est éternel, comme il est écrit : « Je suis l’Eternel et n’ai point changé et vous, enfants d’Israël, n’avez pas été détruits ».
Ensuite, chaque Juif sait pertinemment que le début de toute la Torah est « Bérechit, au commencement » et Rachi explique : « Pour la Torah qui est appelée un commencement et pour Israël qui ont été appelés un commencement » !
Il est donc clair et limpide que les nations du monde ne sont pas maîtres d’Israël, D.ieu nous préserve d’une telle idée !
Et pourtant, malgré tout cela, un Juif s’est mit à déclarer en public, devant des dizaines de Juifs qui étaient venus entendre des paroles de Torah, que l’existence du peuple Juif dépend des nations !… La surprise est d’autant plus grande que nous venons des festivités du mois de Tichri alors que les Juifs n’ont cessé de répéter pendant leurs prières que « Tu nous a élus d’entre tous les peuples » !
Cependant, les nations du monde eux-mêmes reconnaissent le fait que les enfants d’Israël sont le peuple élu. Et pendant toutes les générations c’était là une chose évidente. Et même aux temps les plus obscurs (lors de la Ascala et ce qui en suivit), il ne s’est jamais tenu un Rav qui possède une Smi’ha, son diplôme et déclare une telle chose !
Et principalement, il est facilement compréhensible que lorsque nous parlons de la Torah et des Mitsvot, il n’y a aucune « provocation envers les nations »… Et à plus forte raison et en ce qui nous concerne, alors que se trouve sur la table une question de survie suite à la restitution de territoires, comme le stipule le Choul’han Arou’h : « Lorsque des étrangers encerclent des villes d’Israël… s’ils en viennent à menacer des vies… et même s’ils ne sont pas venus et ne sont pas sûrs d’attaquer, l’on sort à leur rencontre armés, et on transgresse le Chabbat à cause d’eux… Et pour une ville adjacente, même si ces habitants ne vienne prendre que de la paille ou du foin, on transgresse le Chabbat à cause d’eux, au cas où ce serait un piège et que la terre serait facilement conquise par ceux-ci ».

(Extrait du Dvar Mal’hout Parachat Béréchit du Rabbi de Loubavitch Méle’h HaMachia’h Chlita)